placement thermostat PAC

Vous possédez une pompe à chaleur et envisagez d’investir dans un thermostat connecté ? Très bonne idée, le thermostat est la clé du chauffage optimisé. Mais attention : s’il est mal positionné, il peut fortement altérer le fonctionnement de la PAC. Il peut même générer une surconsommation et user prématurément le compresseur.

Pour éviter ces désagréments, vous devez respecter un ensemble de bonnes pratiques. Ce sont des règles de placement du thermostat de PAC. Elles découlent d’une fine analyse de votre logement. La distribution des pièces ou le positionnement des ouvertures en font partie, mais pas seulement.

Le thermostat régule : rappel utile de son fonctionnement

Expliquer les règles de placement du thermostat de PAC est impossible sans ce rappel. Un thermostat est d’abord un concept. Celui qui consiste à mesurer la température au plus près des espaces de vie. C’est ensuite un système de régulation.

Le mécanisme de régulation

Il est basé sur une boucle de régulation continue, en trois étapes :

  1. La mesure : une sonde intégrée au boîtier mesure en permanence la température là où est positionné le thermostat.

  2. La comparaison : le thermostat compare en permanence la température mesurée à la température de consigne (celle que vous avez choisie en température de confort et en éco).

  3. L’action : le thermostat, en fonction de l’écart mesuré entre la température de consigne et la température d’ambiance, envoie un ordre à la pompe à chaleur (marche ou arrêt).

N.B. Ce principe est connu sous l’appellation « régulation tout ou rien ».

La régulation modulante

Depuis 10 ans, des thermostats modulants existent. Ils apportent des améliorations au principe de tout ou rien. Ces appareils font varier la puissance à la pompe à chaleur. Quelle est la conséquence pratique ?

Au lieu de s’arrêter et de démarrer, la PAC va réduire ou accélérer son régime. Un fonctionnement à charge partielle ou modulée qui évite les cycles courts, leurs effets délétères sur les composants, et génère des économies.

Rmq : la pompe à chaleur doit être compatible avec ce type de régulation.

Placement du thermostat pour une PAC : le carré d’or

Selon l’ADEME, un thermostat génère en moyenne 15 % d’économies sur la facture de chauffage. Bien placé et bien utilisé, le thermostat peut se montrer encore plus avantageux. Vous êtes bricoleur ? Choisir l’emplacement idéal pour maximiser l’efficacité du thermostat de votre PAC est à votre portée. Voici quatre règles à suivre pour y parvenir.

1 – Trouver la pièce de référence

Comme le thermostat se base sur son capteur de température interne, placez-le dans la bonne pièce. Analysez la distribution des pièces du logement. Souvent, il s’agit du salon ou de la salle à manger, pour trois raisons :

  • pièces situées au centre du logement, à la température moyenne représentative ;

  • pièce très occupée garantissant une température de consigne proche de la température ressentie ;

  • volume important moins sujet aux variations de température.

Conseil Proxiserve : évitez un couloir, une entrée, ou une cuisine.

2 – Identifier le mur idéal

Fixez le thermostat sur une cloison intérieure. Cette cloison doit séparer deux pièces chauffées. Évitez les murs en contact avec l’extérieur. Leur température varie avec la météo. Cela impacte fortement le capteur interne du thermostat et génère des données erronées. Objectif ici : mesurer la température de l’air de la pièce, pas la température du mur.

3 – Connaître la hauteur de fixation

La hauteur de placement du thermostat de PAC recommandée se situe entre 120 et 170 cm. Mais là aussi, adaptez cette hauteur à votre logement. La raison : la température d’une pièce n’est pas homogène. Il fait plus froid au sol qu’au plafond. Sauf si vous chauffez par le sol. Les règles de bonne pratique conseillent 150 cm. C’est la « zone de confort », à hauteur d’homme.

4 – Optimiser l’environnement immédiat

C’est probablement la question la plus compliquée à résoudre. Elle suppose de l’expérience. Le principe est de fixer le thermostat dans un environnement thermiquement neutre. La règle, que vous trouverez sur toutes les notices des thermostats : le fixer à au moins un mètre de toute source de chaleur ou de froid.

Cela comprend :

  • les radiateurs ;

  • les fenêtres ;

  • les portes ;

  • les appareils électroniques ;

  • la cuisine ;

  • les grilles de ventilation.

3 effets néfastes d’un mauvais placement

Vous comprenez, à ce stade, que le placement du thermostat de PAC peut ressembler à un défi. C’est surtout vrai dans une maison ancienne ou une petite maison. Pour faire simple, évitez de vous précipiter. Sinon, vous vous exposez à trois principaux risques.

Effet 1 : surconsommation d’énergie

Par inadvertance ou pour espérer avoir plus chaud, certains fixent le thermostat dans une zone froide. Cette erreur génère une surconsommation énergétique. Le thermostat force la PAC en permanence. L’impact financier est sensible. Selon l’ADEME, augmenter la température de consigne génère une surconsommation d’énergie de 7 à 8 %.

Effet 2 : usure accélérée du compresseur

Quand le placement du thermostat de PAC n’a pas fait l’objet d’une étude approfondie, c’est le compresseur qui « trinque ». Le thermostat envoie des ordres rapprochés de démarrage. La PAC lance des cycles courts, et le compresseur démarre et s’arrête sans cesse. Sa durée de vie, de 15 ans, peut être divisée par deux.

Effet 3 : diminution du confort thermique

Le phénomène le plus fréquent est l’instabilité de la température. Celle-ci varie et les occupants perçoivent alternativement du chaud ou du froid, voire des courants d’air. Prenons deux exemples :

  • Thermostat positionné près d’un téléviseur : cette source de chaleur réchauffe l’environnement proche du thermostat. La température de consigne est atteinte, mais le reste de la pièce et du logement est encore froid.

  • Thermostat placé sur un mur donnant sur l’extérieur côté nord : la PAC fonctionne à haut régime pour atteindre difficilement la température de consigne. Les occupants ressentent une chaleur intense et un air sec.

Un placement encore plus délicat avec les thermostats connectés

La multiplication des modèles intelligents crée une illusion. Elle fait croire que le placement du thermostat de PAC est moins important. Au contraire, du fait de leur grande sensibilité, ces appareils requièrent encore plus de méticulosité lors des opérations de positionnement. Ce, pour trois principales raisons.

1 – Qualité des données

Les modèles connectés embarquent des algorithmes. Leur pertinence dépend entièrement de la qualité des données qu’ils reçoivent. La température intérieure fait partie des données centrales. Que se passe-t-il si elle est faussée à cause d’un mauvais placement ? C’est l’ensemble de la régulation qui dysfonctionne.

2 – La sonde extérieure

La sonde de température extérieure permet au thermostat de prendre en compte la météo en temps réel. Mais son positionnement est stratégique. Pour envoyer des données fiables, son placement doit respecter les règles suivantes :

  • fixation sur une façade nord ou nord-est ;

  • emplacement protégé des rayons du soleil et du vent ;

  • hauteur environ 2 mètres ;

  • sonde éloignée des sorties de ventilation.

3 – La gestion multizone

Vous pourriez être tenté de choisir le placement du thermostat de PAC en « position moyenne ». Pour réguler la température des chambres à l’étage avec un thermostat positionné dans le salon, par exemple. C’est impossible.

Vous n’avez d’autre choix que de compléter le thermostat principal avec l’une de ces deux solutions :

  • thermostats secondaires ou sondes dans les autres pièces, pour créer un système multizone intégré ;

  • robinets thermostatiques connectés, si la maison est équipée de radiateurs hydrauliques (PAC air-eau).

Indispensable : n’installez pas de vanne thermostatique sur le radiateur de la pièce où se trouve le thermostat principal.

Bon à savoir : tous les thermostats connectés ne font pas la régulation modulante

Évoquée au début de cet article, la capacité modulante est une fonctionnalité majeure. Mais tous les thermostats ne la proposent pas. Voici un bref tour d’horizon des leaders du marché qui assurent cette fonction.

Modèle de thermostat

Description

Google Nest Learning Thermostat (3e génération)

Thermostat compatible avec le contrôle modulant

Tado° Kit X

L’optimiseur de PAC permet la régulation modulante

Netatmo modulant intelligent

Thermostat compatible avec le protocole OpenTherm

Atlantic Navlink

Offre la régulation modulante via l’appli Cozy Touch

Delta Dore Pack Tybox 5300 connecté

Régulation modulante via le protocole PID, alternative à l’OpenTherm

Checklist : validez en 7 points l’emplacement choisi

Pour vous aider, nos experts ont conçu une checklist exclusive. Elle vous permet de valider ou non l’emplacement que vous avez choisi.

  1. Le thermostat est-il positionné dans une pièce de vie centrale ?

  2. Est-il fixé sur un mur intérieur ne donnant pas sur une pièce non chauffée ?

  3. Sa hauteur par rapport au sol est-elle bien comprise entre 120 et 170 cm ?

  4. L’appareil est-il bien éloigné d’au moins un mètre d’une porte, d’une fenêtre ou d’une grille de VMC ?

  5. Son emplacement est-il protégé des rayons du soleil ?

  6. Le thermostat est-il à plus d’un mètre de tout appareil électrique dégageant de la chaleur ?

  7. La circulation de l’air de la pièce – et non de l’air extérieur – est-elle libre autour du thermostat ?

Les fabricants de thermostats d’ambiance (Somfy, Delta Dore, Netatmo, Tado) insistent sur la facilité d’installation de leurs appareils. Mais ce n’est pas si facile. Positionné au mauvais endroit, le thermostat peut générer une surconsommation et minimiser la performance de votre PAC.

Monchauffagisteprivé peut vous aider. Grâce à nos 120 agences en France, nous proposons un réseau d’installateurs de proximité. Leader français de l’amélioration de l’habitat depuis 30 ans, nous connaissons parfaitement les règles de placement du thermostat de PAC.